Mobilier a l'Exposition Universelle Paris 1900

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Mobilier a l'Exposition Universelle Paris 1900

Post  stella on Sat Jul 12, 2008 2:51 pm

Beaucoup des artistes internationales on eu la possibilite de introduire leur mobiliers a l'Exposition Universelle Paris 1900.

Grace a les depliants, livres et carte postales on a le possibilite de identifier beaucoup des mobiliers.

Il est magnifique de voir les interieurs internationales presentes sur l'Exposition.


stella
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Re: Mobilier a l'Exposition Universelle Paris 1900

Post  LeMog on Fri Jul 18, 2008 7:48 am

Quelques intérieurs 1900, exposés aux Invalides...

Images tirées du Panorama de l'Exposition de 1900
Ed. Ludovic Baschet.


Chambre de chasse et petit salon, exécutés par les Ateliers Réunis de Munich. Un décor "naturel" qui semble quand même chargé...
mais la fée électricité y règle d'une façon déjà très présente :





L'exposition centennale du meuble :




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Re: Mobilier a l'Exposition Universelle Paris 1900

Post  LeMog on Fri Jul 18, 2008 7:49 am

Article paru dans le numéro d'août 1900 de la Revue Art et Décoration... Very Happy


Frise en relief
A. Charpentier.



L'Ameublement à l'Exposition

Parmi tous les arts usuels, c'est toujours aux arts de l'ameublement qu'il faut en revenir lorsqu'on veut toucher le point capital; c'est toujours le mobilier qui consti­tuera le gros oeuvre de la production indus­trielle, et pour juger de la pé­nétration de l'art dans la vie domestique d'une époque ou d'une nation, il faut regarder tout d'abord comment elle s'est logée et meublée, puis­que c'est là l'inévitable et l'es­sentiel. Les arts du décor pro­prement dit, la parure ou l'orfèvrerie, ne viendront que plus accessoirement.
Aussi, l'étude du mobilier à l'Exposition devra-t-elle nous retenir assez longue­ment, non point pour enre­gistrer isolément les mani­festations nouvelles, mais pour tenter de rapprocher les excmples produits et d'y retrouverr des points communs, la trace d'une orienta­tion constante, certaines pa­renté de sentiment, réellement constitutive d'un style. Nous aurons à voir comment, dans les divers pays où l'on se pré­occupe de réaliser un art mo­derne, les éléments de re­cherche se modifient un peu, et à étudier les aspects diffé­rents que peut prendre le style actuel d'une région à l'autre de l'Europe. Nous pourrons nous de­mander alors, afin que les droits du raison­nement ne restent pas perdus dans notre exa­men et que nous tirions des conclusions profitables, ce que ces variations ont de légitime et de nécessaire, et dans quelle mesure nous pou­vons profiter nous-mêmes de certains points acquis à l'étranger, ou ce que nous devons nous interdire de certaines formules. Car nous de­vons bien reconnaître même que tout ce qui peut nous séduire à première vue dans un mo­bilier allemand ou autrichien, par une certaine note de décoration inédite ou certaine simpli­cité d'exécution, ne nous est pas assimilable sans dommage pour nos traditions artistiques les mieux fondées.


Dressoir.
A. Charpentier

Le grand avantage de l'Exposition est en tout cas de nous fournir une ample matière à réflexion et à enseignement, où nos idées peuvent se préciser davantage par des exemples, et où, à travers même ce que les spécimens divers peuvent avoir d'incomplet ou de défectueux, les yeux de tous se remplissent d'images inaccoutumées et s'habituent plus que précédemment à voir de près les résultats des recherches nouvelles faites de tous côtés. Il en est beaucoup peut-être pour lesquels les tentatives d'art moderne existaient surtout à l'état spéculatif, qui voyaient là une aspiration de cerveaux un peu étranges et désordonnés, incapables de vivre tranquillement dans les cadres consacrés: ceux-là ont sans doute été bien surpris de voir que presque partout autour de nous les doctrines nouvelles avaient pris corps et donné déjà naissance à des productions dont on ne peut nier le caractère d'ensemble, réfléchi et suivi. Ils sauront désormais qu'il peut y avoir un art moderne, et peut-être seront-ils dès maintenant les plus ardents à proscrire le stérile décalquage de formes qui ne correspondent plus aux besoins de notre vie.


Chaises et guéridon.
A. Charpentier

Nous avions déjà prévu cette puissante dé­monstration des faits, qui serait apportée à l'appui de notre doctrine. Elle s'est produite avec plus de force encore, sur certains points, que nous ne l'avions pensé nous-mêmes, et nous ne manquons pas d'exemples vraiment démonstratifs, c'est-à-dire d'ensembles im­portants d'ameublement et de décoration in­térieure, réalisés en dépit des règlements peu sagaces de l'Exposition, qui partageaient en deux classes distinctes la décoration fixe et la décoration mobile, à un point de vue purement fictif, et auraient volontiers dispersé l'œuvre complète d'un décorateur dans les diverses classes du mobilier, de la ferronnerie, du vi­trail, de la peinture, du marbre et du bronze. Ces règlements, qui étaient sans doute le fruit d'une excessive centralisation des pouvoirs, auraient été funestes; on n'en a pas tenu compte et l'on a bien fait. La vic­toire eût été trop facilement acquise aux sections étran­gères.


Bordure de nappe en dentelle.
A. Charpentier

Nous avons donc pu assis­ter chez nous à de très grands efforts, où les artistes dont nous avons déjà eu l'occasion d'entretenir nos lecteurs ont pu s'affirmer particulière­ment. Charles Plumet et Tony Selmersheim, Louis Bigaux, Alexandre Charpen­tier, Louis Majorelle, Émile Gallé. l'Art Nouveau de M. Bing, grâce à la collabo­ration de Georges de Feure, Gaillard et Colonna, ont réa­lisé des ensembles que nous aurons à envisager de plus près. Quelques maisons im­portantes, qui n'étaient pas, d'ailleurs, restées étrangères aux productions nouvelles, ont aussi apporté des résultats marquants : tels sont, par exemple, MM. Damon et Colin et M. Jansen, ce dernier avec l'appui de MM. Simas et Escoula.


Seau à glace et carafe.
A. Charpentier

La liste de ces maisons aurait dû être bien plus longue encore, car il est à croire que les tapissiers qui ont cru qu'ils pourraient encore vivre sur le Louis XV et le Henri II ont mal fait leur compte. Les exemples nouveaux prennent pour l'avenir une force trop consi­dérable. Du reste, il ne faudrait pas s'imaginer qu'il suffit de vouloir faire de l'art moderne pour en faire réelle­ment, et trop d'expositions particulières sont bien faites pour nous prouver combien d'horreurs on a commises au nom de la nouveauté, et cela faute de savoir nettement où se diriger, et parce que l'on a pris certains défauts appa­rents de quelques ouvrages récents, - le manque de vo­lonté et de composition, par exemple, dans l'interpréta­tion florale, ou le manque de proportions des motifs, ou certains mouvements trop uniformes de lignes serpentines; - pour les signes authentiques du style actuel. La marque véridique doit en être, au contraire, non l'adoption docile de tel ou tel tic parti­culier, mais l'application constant de la réflexion per­sonnelle, et presque l'aboli­tion de toute fantaisie indivi­duelle devant la logique, qui doit tout au moins réglementer le caprice.


Cheminée.
A. Charpentier


Table de salle à manger.
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Gaillard)

Cette indolence d'esprit chez la plupart des producteurs français se manifeste malheureusement encore dans les installations géné­rales des classes, où les arts de l'architecture, le goût de la décoration et de la dispo­sition intérieures pouvaient s'ingénier de façons sans cesse variées et nouvelles. Il y a, à ce point de vue, dans certaines sections étrangères, et notamment dans celles de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Hongrie. des Pays-Bas, une supériorité quïl faut bien reconnaître. Le soin du détail, le sens véritablement ornemental s'y révèlent de façon particulièrement séduisante, et nous n'avons, de notre côté, que trop peu de régions des Invalides ou du Champ de Mars qui puis­sent entrer en concurrence. Ces aménage­ments de classes fourniront, du reste, l'inté­ressante matière d'une étude spéciale, et nous n'avons voulu les signaler ici que pour con­firmer certaines observations qui se dégagent des arts de l'ameublement, tels qu'ils sont diver­sement représentés à l'Exposition Universelle. Disons aussi combien ces installations, ensembles de décoration mobilière ou amé­nagements de classes, révè­lent, chez chacune des na­tions que nous venons de citer, un caractère homogène et cohésif. On sent là, d'ar­tiste à artiste, une commu­nauté de tendances et de sen­timents remarquable, qui rend seule possiblc toute constitution de style. Les re­cherches individuelles, tout en étant sensibles, et en sau­vegardant la personnalité de l'artiste, sont dominées par des besoins généraux de race. Nous pourrons nous ren dre mieux compte, dans la suite de cette étude, par des exemples précis, de ces données excellentes, qu'il était bon de noter tout de suite, puisqu'un examen ra­pide suffit à les imposer à notre attention.


Frise en relief
A. Charpentier


Commode.
L. Majorelle

C'cst évidemmcnt du côté des pays que nous avons cités, - de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Hongrie, des Pays-Bas, ­quc nous trouvons le plus d'heureuses sur­prises, tout en faisant naturellement la part aux restrictions nécessaires, restrictions que nous formulerons surtout, naturellement, au point de vue de l'éducation différente de notre goût et de nos habitudes esthétiques particulières. Nous savions en France que l' Allemagne et l'Au­triche, en particulier, travaillaient avec une grande ferveur à l'élaboration de leur art moderne, qu'elles avaient une vie artistique très intense, manifestée chaque année, à Berlin, à Munich et à Vienne, par des Salons rivaux, sans parler d'autres expositions locales très importantes. Mais les résultats de ces efforts n'étaient encore parvenus chez nous qu'à un état assez fragmentaire. Nous avions nous-mêmes donné quelques reproductions d'ensemble de ces œuvres, allemandes ou autrichiennes; on se rappelle sans doute, il ya quelques mois, une étude de M. William Ritter sur les travaux de M. de Berlepsch, dont l'Exposition nous apporte quelques exemples, dans un intérieur exécuté à Dusseldorf. Dans cette vue directe, le public reçoit, en particu­lier, une impression de couleurs que les repro­ductions n'avaient pu lui communiquer, et qui a sa grande importance pour la notion du caractère général. De plus, par l'accumulation des ouvrages exposés, ce caractère même se précise davantage, et nous pouvons dire aussi que les restrictions de détails s'atténuent pour faire place au respect du considérable effort déployé, effort si coordonné et si volontaire qu'il a pu produire en quelques années une somme de résultats si décisifs.


Lit et table de nuits.
L. Majorelle


Last edited by LeMog on Fri Jul 18, 2008 7:51 am; edited 1 time in total

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Re: Mobilier a l'Exposition Universelle Paris 1900

Post  LeMog on Fri Jul 18, 2008 7:50 am

Mais si, d'un côté, nous sommes mis en présence d'ouvrages plus marquants encore que nous ne le pensions, nous avons trouvé d'autre part, il faut bien l'avouer, de grandes déceptions. Ni l'Angleterre, ni la Belgique ne nous ont, en effet,apporté ce que nous étions en droit d'attendre d'elles, après leurs intéres­sants travaux de ces dernières années. L'Expo­sition du mobilier anglais ne nous présente guère que des formes assez pauvres, et nous fait constater aussi l'excessive persistance de certaines influences du passé. Le rapproche­ment des modèles divers, qui a pu, ainsi que nous le constations. augmenter notre estime pour les arts de l'ameublement en Allemagne et en Autriche. est. au contraire, défavorable au mobilier anglais, dont il convient d'appré­cier surtout les intentions pratiques, mais dont la réalisation répond rarement au crédit que nous lui avions accordé. Il est à souhaiter que, amené à porter une plus juste appréciation sur ces modèles, le public se défasse un peu de son engouement peu éclairé pour le meuble anglais, qu'il prenait pour l'étiquette seule et sur la foi de quelques tapissiers. Il serait bien nécessaire que notre public, mieux documenté désormais, apprît à juger davantage par lui­même et à reconnaître sincèrement où se trou­vent le véritable confort et la véritable élé­gance. Chacun y est bien intéressé pour son usage personnel.


Toilette.
L. Majorelle

Quant à la Belgique, elle ne donne vrai­ment pas d'elle-même l'idée qu'elle serait en droit de donner, et l'on ne sait à quel défaut d'organisation imputer ce coupable désintéres­sement. Le public ne peut même pas soupçon­ner l'existence des artistes marquants qui ont fait faire en quelques années tant de progrès aux arts usuels, non seulement en Belgique même, mais dans toute l'Europe, par leur exemple souvent dénaturé et pris à contre­sens. Ni Horta, ni Hankar, ni Serrurier, ni Hobé, ni Van de Velde ne sont représentés à l'Exposition Universelle, si extraordinaire que cela soit en effet et, dans les diverses sections belges, la place reste libre aux débitants d'une camelote déplorable. Les installations généra­les mêmes, qui, lors de la dernière Exposition de Bruxelles, avaient été l'objet de soins si intelligents (Art et Décoration en a parlé à cette époquc) restent aussi quelconques que possible, abandonnées à n'importe quel entre­preneur. Il n'eût pas été possible de voir un pays renoncer plus complètement à tous ses avantages, pour des raisons mystérieuses qui se réduisent peut-être au défaut trop fréquent des organisations officielles. Mais on ne sau­rait trop, en tout cas, déplorer les abstentions que nous avons signalées, car l'exemple qu'un tel ensemble d'art aurait pu donner eût été pour tous d'un excellent enscignement et de la plus grande efficacité, pour Ies œuvres fu­tures.


Armoire.
L. Majorelle

En effet, ainsi qu'il en a toujours été aux diverses époques de production artistique, nous ne percevons pas de différence essentielle de tempérament entre l'art flamand et l'art français, et l'on peut dire d'une façon générale que l'art français et l'art belge doivent marcher dans une voie à peu près identique de logique et de simplicité, ce qui ne veut pas dire qu'il faut s'empresser surtout d'adopter avec enthou­siasme ce qu'il y a de plus extérieur dans cer­taines œuvres belges, la perpétuité de certains contours favoris qui ne se trouvent pas suffi­samment justitiés,
Les mérites véritables de ces efforts divers résident dans les caractères déjà légitimement fixés d'un style obtenu par la collabo­ration latente et l'assentiment tacite de tous, car c'est la communauté de tendances, ce qui nous apparaît d'ano­nyme dans l'orientation et Ies formes générales, qui consti­tue la marque foncière d'un style authentique, Cela ne dé­pend pas de la volonté d'un seul, et il n'est pas inutile de l'affirmer à nouveau puisque certaine exposition particu­lière française se réclame d'un style spécial auquel un nom d'homme est accolé. Ces for­mules personnelles eussent-­elles les plus louables qua­lités, l'application capricieuse et outrancière n'en pourrait d'aucune façon être légitime, Le style d'un homme ne peut être qu'une fantaisie éphé­mère et funeste, propre à égarer les esprits hors de leur voie naturelle : c'est par ce qu'il aura puisé autour de lui, dans les aspirations inex­primées de tous, que l'ar­liste peut être assuré de faire œuvre conforme à son épo­que, et le tour particulier de son imagination ne peut s'exercer en dehors de cer­taines contraintes ration­nelles, Il appartient sans doute à quelques artistes, spécialement avisés de tous les points du problème, de fixer quelques données à sui­vre, après des réflexions et des expériences; mais ils ne peuvent songer pour cela à baptiser de leur nom le style qui ne sera véritablement fondé que si tous s'y reconnaissent.
La meilleure recommandation à adresser à chacun, c'est de travailler toujours en toute sincérité, pour la plus grande perfection de l'œuvre et sans souci d'as­surer la renommée person­nelle et de se réserver des brevets: les satisfactions d'a­mour-propre seront toujours suffisamment accordées aux chercheurs sérieux.


Desserte
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Gaillard)


Dressoir
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Gaillard)

Nous commencerons ce mois-ci l'étude de quelques ­uns des ensembles d'ameu­blements exposés dans les sections françaises, en nous réservant de poursuivre cet examen dans notre prochaine livraison. Nous aborderons ensuite l'ameublement étran­ger.
La salle à manger exécutée par M. Alexandre Charpen­tier pour les Magasins du Louvre, et que nous avions eu l'occasion d'annoncer, présente par l'importance de sa décoration un caractère particulièrement intéressant. Les expositions de la rue Caumartin nous ont déjà montré des meubles de cet artiste, avide de répandre son art sur des objets très divers; il avait même exécuté déjà un mobilier de salle à manger, dont quelques parties avaient été montrées rue Caumartin. Mais il a pu travailler cette fois-ci dans des proportions plus imposantes, et réaliser pour cette salle à manger nouvelle une décora­tion complète et continue, puisque toute la salle, est en­tièrement revêtue de boiseries sculptées, reliant les meubles les uns aux autres et les encadrant, tandis qu'une frise mo­delée en relief tient lieu de cor­niche et court, sous le pla­fond, tout autour de la pièce. Avec la table et les chaises, les parties principales du mobilier sont formées par la cheminée, le dressoir et un buffet étroit, surmonté d'une pendule, qui prend place entre deux larges baies. Plus au fond, dans l'en­foncement d'un jardin d'hiver réduit, quelques petits meubles ménagent un coin de boudoir.


Secrétaire.
E. Gallé

M. Alexandre Charpentier est avant tout sculpteur, et il ne l'a pas oublié dans l'exécu­tion de sa salle à manger. La frise modelée, représentant la Chasse, la Vendange et la Moisson, sur trois côtés de la pièce, lui a permis de placer la figure vivante, exprimée toujours chez lui avec cet accent très spécial de vie et d'observation, au milieu d'arrangements décoratifs d'arbres, de blés ou de vignes. On se souvient de la frise de bai­gneuses qu'il avait déjà modelée pour une salle de bains. L'artiste choisit ainsi les sujets qui viennent tout naturellement à son inspira­tion, mais on y reconnaît bien vite la tour­nure de son talent personnel.

Au-dessous de ces frises, court sur la boi­serie une bordure de plantes grimpantes, qui tombent en légers chapelets le long des pan­neaux. Le modelé en est vif et léger, rapide­ment enlevén dirait-on, en plein bois, sans que la composition très bien comprise fasse rien perdre à ces motifs de leur liberté et de leur franchise.
Sur les meubles, les détails de sculpture se font plus forts, plus architecturaux, pour soutenir les coins ou occuper les panneaux. Les fleurs et surtout les fruits s'unissent ici pour former le thème naturel de ces meubles de salle à manger, taillés dans un beau bois rougeâtre et satiné, et dont les lignes géné­rales sont pleines, sobres et souples, ainsi qu'on peut en juger par la cheminée et le dressoir. Les proportions et les mouvements en sont très heureusement calculés. et la sculpture qui enrichit les meubles ne les sur­charge pas et sait n'apparaître que lorsque est bien à sa place. Aux chaises seules de la salle à manger, nous pouvons reprocher quelque complication de lignes: il semble que le dossier serait avec avantage allégé de cette cage bombée qui garnit le bas. Le guéridon du boudoir est, par contre, d'une élégance discrète et fine et très personnelle, avec les tiges courbes qui relient les pieds, et la simple fleur sculptée qui suit le pied même...

LeMog

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Re: Mobilier a l'Exposition Universelle Paris 1900

Post  LeMog on Fri Jul 18, 2008 7:50 am

L'artiste est descendu plus loin encore dans le détail d'ornementation, et il a donné le modèle de différentes pièces d'orfèvrerie d'un surtout de table à figures, d'un seau à glace, de carafes à montures d'argent, ou le motif modelé est encore charmant. Nous donnons aussi un morceau de la bordure de dentelle de la nappe qui accompagne cet ensemble. Des fruits et légumes divers s'y trouvent dessinés avec beaucoup de largeur et de charme; les Magasins du Louvre ont donné à la table de M. Charpentier un revêtement digne d'elle­ même et de la décoration qui l'entoure. Il n'est que trop rare de voir les grandes maisons industrielles faire ainsi un effort vraiment artistique, et lui assurer des moyens aussi complets. La Maison du Louvre a droit qu'on la félicite vivement de son intelligente initia­tive, qui portera ses fruits.
Une des expositions les plus importantes du mobilier français est celle de M. Majorelle, en face de cet autre grand artiste nancéen qu'est Emile Gallé et dont nous parlerons la prochaine fois. M. Majorelle expose une salle à manger et une chambre à coucher, égale­ment opulentes par le soin de l'exécution, les matières employées et la richesse de l'orne­mentation. Nous avons groupé ici les princi­paux meubles de la chambre à coucher: lit, armoire à glace, toilette et commode. Des incrustations de marqueterie et des applica­tions de bronze recouvrent ces beaux meubles, dont la forme très cherchée, inspirée dans ses détails des mouvements et même des silhouettes florales, est toujours extrêmement captivante. Nous avons déjà signalé le danger de ces marqueteries complexes, dont les bois, mélangés parfois de nacre ou de métal, sont admirablement choisis, mais qui prennent trop la valeur d'un tableau isolé, ce qui nuit à l'ensemble décoratif du meuble. Les marque­teries qui ornent le lit adoptent un parti plus simple et plus général qu'il faut approuver.
Les nouveaux meubles de M. Majorelle révèlent aussi une tendance à amplifier les formes d'une façon un peu excessive. Les couronnements, les arcs-boutants prennent trop d'importance, et quelque élégance qu'on y puisse trouver, cela revêt toujours un carac­tère illogique et parasite.


Chaise de salle à manger.
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Gaillard)


Sellette
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Collona)

Le Pavillon de « l'Art Nouveau », aux Quinconces des Invalides, recèle aussi les résultats d'un travail considérable. Des mo­biliers et décorations complètes, où chaque artiste a pu réaliser un ensemble coordonné, affirment des tempéraments très intéressants. C'est ainsi que nous voyons M. De Feure, dans un boudoir et un cabinet de toilette, s'ingénier de mille façons pour créer un inté­rieur aussi élégant et féminin qu'il est pos­sible, et bien nettement conforme à nos tra­ditions propres. C'est du vrai goût et de la vraie nouveauté, et nous reviendrons sur cette révélation. Nous réunissons aujourd'hui les meubles d'un petit salon, dont M. Colonna a donné le modèle, et ceux d'une salle à manger due à M. Gaillard, et que le jeune peintre espagnol J.-M. Sert a magnifiquement enca­drée d'une décoration murale de très grand caractère. Nous aurons d'autres occasions de retrouver ce peintre énergique et savoureux. Les mobiliers de MM. Colonna et Gaillard ont chacun leurs mérites particuliers, plus délicats de recherche chez le premier, plus robustes chez le second.


Meuble à étagères.
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Colonna)


Chaise.
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Colonna)

Nous avons récemment publié plusieurs pièces d'un mobilier de salon; conçu par M. Colonna et exécuté égalernent par « L'Art Nouveau », et l'on connaît aussi les bijoux très personnels dont cet artiste a donné le modèle, et dont nous retrouverons de nou­veaux exemples à l'Exposition Universelle. On sait par conséquent, comme nous l'avons déjà montré, que M. Colonna recherche pour ses meubles des lignes simples et élégantes, dont la souplesse sans effort et la justesse de proportions constituent les qualités primor­diales. L'ornementation est due à de légers reliefs soulignant la construction du meuble et empruntée à une figuration synthétique de la flore. Cette simplification volontaire du thème décoratif ne va cependant pas jusqu'à une trop grande sécheresse, et des motifs de marqueterie, sur de petits meubles à étagères ou sur un dessus de guéridon, gardent encore, dans leur dessin élémentaire, une véritable signification végétale.


Fauteuil.
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Gaillard)


Table.
"L'ART NOUVEAU." (modèle de Gaillard)

Quelques complications sont parfois à si­gnaler, comme dans le dossier de chaise, par exemple, mais le caractère général reste, en général, assez sobre.
M. Gaillard se préoccupe d'asseoir ses meu­bles de façon plus stable : ils donnent une impression de volume et d'épaisseur, avec une silhouette très heureusement cherchée et allégée, dans sa force même. Des poignées de tiroirs en cuivre, d'un dessin très ample, rehaussent fort bien ce mobilier de salle à manger, dont la construction est très intéres­sante. Il faut mettre cependant l'artiste en garde contre le désir d'exagérer l'impression de plasticité du bois, dans les détails de sculp­ture. Nous ne cessons de rappeler les droits de chaque matière à ce que l'on respecte sa contexture, à ce qu'on la traite suivant ses ré­sistances propres. La recherche des lignes courbes et des contours caressants a ses limites, que l'on est trop enclin à franchir aujourd'hui. On comprend très bien la séduction d'un modelé gras, aux contours adoucis, et la ten­tation est grande, lorsqu'on a l'outil en main et que l'on est un ouvrier habile, de jouer de son ciseau et de creuser dans le bois des replis tortueux, qui semblent cependant jurer avec sa rigidité native. M. Gaillard est meilleur lorsqu'il reste plus réservé, comme dans la chaise de salle à manger, dont la construction s'explique nettement, et reste simple et logique, en même temps que forte. C'est une des qualités premières du mobilier que de gagner ainsi tout de suite l'adhésion des yeux. M. Gaillard se préoccupe, on le voit, de chercher avant tout, pourrions-nous dire, pour ses meubles, une ligne d'enveloppe, de leur donner un caractère d'unité dans la con­duite des formes et de grâce aisée; l'inconvé­nient est de dissimuler parfois un peu trop les grands partis de la construction, et de faire croire à une matière d'une seule pièce. Le principe peut se défendre dans une certaine mesure, et c'est dans cette mesure que nous avons voulu relever les qualités de M. Gaillard.

par Gustave Soulier
Arts et Décoration - Revue Mensuelle Moderne - Août 1900 - 4ème année - N°8
Librairie Centrale des Beaux Arts - Paris 1900

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Mobilier a l'Exposition Universelle Paris 1900

Post  stella on Wed Jul 23, 2008 7:06 pm

I love you Ce que j'adore des vieux articles est que on est vraiment en contact avec le passe et on a peut s'identifier avec l'imagination des artistes! cheers



En plus, on revoit des meubles qui ne sont pas detruit entre les annees de 1900 jusqu'a aujourd'hui et qui sont dans des musees ou collections privees. Ici les examples des mobiliers presentee dans l'articles qui sont encore "vivant"!



Je me demande pourquoi ni Horta, ni Hankar, ni Serrurier-Bovy, ni Hobé et ni Van de Velde etait a l'Exposition Universelle. C'etait un boycot Question Question Question



Jusqu'a aujourd'hui, je n'ai pas trouve des informations sur le pavillions des artistes Arts & Crafts de UK, les artistes de Style Arte de Italie et d'Espagne sur l'Exposition Universelle. scratch

Les artistes de Jugendstil de Pays-Bas on presente le Fayence (Plateel) de les usine Rozenburg a l'Exposition Universelle et je suis sure qu'ils ont presentee des autres objets Jugendstil....



It's always a challenge to find information on the different subjects so hopefully in the near future..........



sunny Si'on a des photos je sera ravi de les voir! sunny

stella
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Bellery-Desfontaines

Post  Xavier on Mon Sep 07, 2009 1:56 pm

Bravo pour ce forum, Stella !! ^^

Je vais essayer de poster régulièrement des photos d'oeuvres de Henri Bellery-Desfontaines (1867-1909). A bientôt Smile
xavier

Site officiel de Henri Bellery-Desfontaines peintre illustrateur décorateur

Salon pour le docteur T..., Exposition Universelle de 1900 (Groupe XII. Décoration et mobilier des édifices publics et des habitations, Classe 69 Meubles de luxe et meubles à bon marché)


Xavier

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Henri-Jules-Ferdinand Bellery-Desfontaines

Post  stella on Mon Sep 07, 2009 6:19 pm

Bonjour Xavier,

Merci bcp! J'ai deja visite votre site internet sur Bellery-Desfontaines bcp des fois et j'etait ravi de voir sur des autres site web que les meubles (fauteuil et table fait pour cette salon) sont encore "vivant" dans des musees a ce jour.

@+,
Stella

Nb j'ai quelques autres photos des meubles de Bellery-Desfontaines, mais je pense que vous l'auriez deja bcp des photos de ces meubles?

stella
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